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Entretien

François Staal - NOUVEL ALBUM

" L'Humaine Beauté "

François Staal - NOUVEL ALBUM

Crédits photo  —  Serge Bailly

Composer, écrire, interpréter, et même créer ses clips, n'est-ce pas une démarche et une implication artistique totale ?
Avec François Staal, nous nous sommes posés quelques minutes sur un banc, dans l'arrière cour du Cabaret Sauvage, car c'est dans ce lieu que débutera la présentation de son nouvel album et 7ème : "L'Humaine Beauté" qui sortira le 12 novembre 2021. C'est également là qu'il effectue sa résidence pendant plusieurs jours avec ses musiciens et compères.

Lylo t'a suivi quasiment depuis tes débuts dans la chanson. Il me manque une info : Il y a 20 ans, que faisais-tu ?
- J'avais un boulot la journée et en parallèle je faisais de la musique, y compris pour des films. Alors je créais mes maquettes dans mon coin et je les présentais de ci de là. J'espérais secrètement un jour vivre de la musique, comme beaucoup d'artistes je savais pas trop comment et si j'y parviendrais. Pourtant, il y a 20 ans, j'ai signé chez le label Virgin, pour mon premier album :)

En observant l'ensemble de ce que tu as réalisé, on découvre une belle progression artistique et un savoir faire impressionnant...le véritable nom du couteau suisse, c'est « Staal » ?
- J'ai choisi de faire ce que j'aime et à mon rythme. Je trouve ça captivant artistiquement, ça me correspond assez bien, et de cette façon j'ai pu réaliser de nombreux projets auxquels je tenais vraiment.
J'ai des repères culturels qui sont nombreux avec lesquels je me nourris, et j'essaie de faire de la chanson à texte avec de la musique anglo-saxonne, de la chanson à texte pas chiante :)
Il y a beaucoup de choses que j'ai pris en main ces dernières années, comme certains clips que j'ai décidé de faire moi-même.
En parallèle de ce nouvel album, j'ai composé un recueil de poésie avec des textes anciens, nouveaux, que j'écris depuis 20 ans, et qui sortira en fin d'année. C'est pas totalement de la poésie dans la forme, c'est à dire pas au sens propre du terme... J'écris régulièrement sur différents thèmes, c'est comme remplir un grenier à textes.
Parfois je prends ces écritures, et je fais une maquette contenant l'esprit du morceau en devenir, comme un croquis suffisamment abouti que je propose aux musiciens en studio.
Puis je joue au chef d'orchestre avec de la souplesse pour que chacun puisse s'exprimer, me surprendre et on crée la chanson, on la met en scène dans une liberté plus ou moins cadrée pour que chacun apporte ses compétences.
Pour ce nouvel album, je me suis entouré de personnes que je connaissais déjà, mais pas forcément avec qui je travaillais depuis de nombreuses années.
Je travaille vraiment beaucoup sur les textes, les chansons, je suis en résonance avec le monde dans lequel je vis, je m'imprègne comme une éponge et j'imprime comme un Polaroïd (rires). J'ai envie de transmettre, je vais le chercher à l'intérieur de moi, en profondeur, là où on peut y trouver de la matière à écrire, proche de l'humanité, de l'universalité, ça me parle.
Certains diraient que j'avance lentement, avec un public qui parfois voudrait me voir dans certains lieux auxquels je souhaite bientôt accéder. Patience ;) j'y travaille tous les jours.
J'ai le plaisir de faire, intimement, même s'il est possible que j'aie quelques difficultés à être totalement heureux parfois, mais je suis l'homme que je voulais être, je témoigne, j'essaie d'insuffler de l'énergie pour changer des choses à mon niveau...
Le monde qui nous entoure est parfois troublant, ce qui se déroule autour de moi me touche, ça me fait réfléchir. Camus disait : « tant qu'il restera un homme qui souffre, je souffrirais ». Peut-être suis-je un peu atteint par cette pathologie (rires), mais ça ne m'empêche pas d'être heureux, dans ma musique, dans mon travail et ma vie personnelle. Je pense qu'y a du soleil même si dans une profondeur il y a une certaine tristesse.

Comment te sens-tu dans ta peau d'artiste après cette période compliquée ? As-tu ressenti une espèce d'empreinte de la « Covid » pendant la création de ce nouvel album ?
- J'avais pas prévu de le faire tout de suite. Je travaillais sur un spectacle de concert-fiction avec des textes de Baudelaire mis en musique, juste avant le début de l'ère « Covid ». Il me manquait une chanson pour finir le spectacle, j'étais enfermé chez moi et tout à coup le virus apparaît.
En gros je me suis fait prendre la guitare à la main. Je me suis dit : " si je dois rester confiné chez moi, je vais probablement m'ennuyer un peu ", donc j'ai pris ma guitare et j'ai commencé un album.
Pendant les différentes périodes de confinement, j'ai pas senti une énorme solitude, je me suis plongé dans les textes. Peut-être suis-je un peu tout le temps à réfléchir sur le monde, sur l'humain... (rires)
L'empreinte de la Covid a peut-être apporté quelque chose de plus personnel dans la création de cet album, une espèce d'introspection inattendue, et donc plus de souvenirs de mon enfance sont apparus au cours de ces derniers mois.
Cela a peut-être déclenché chez moi comme un calme intérieur, je me suis étrangement senti moins seul et c'était presque comme une autorisation à aller plus loin avec une force tranquille pour réfléchir sur le monde, sur les changements, en nous obligeant à remettre en question notre train-train habituel qui était entièrement bouleversé. Chacun a vécu sa période Covid à sa façon et comme il a pu. On a été bousculé par l'événement qui a duré et a supprimé nos habitudes.
J'ai donc abordé des thèmes comme...l'humain, les gens qui prennent cher, d'autres qui ne sont pas agréables, un témoignage du monde, des sentiments qui me plaisent, quelque chose de l'enfance sous la forme de la construction de soi-même au milieu d'un univers pas toujours simple à appréhender. C'est un peu la première fois que je parle de mon enfance au travers des chansons d'un album.
J'aime créer des chansons avec un sens précis, pour moi, mais exprimé de telle manière que d'autres vont le percevoir différemment. J'adore ça. Un exemple, sur une de mes chansons qui s'appelle L'aube blanche : un soir de concert on ne la joue pas, y'a quelque chose qui a foiré et on ne l'a pas faite. Un des musiciens me dit : « qu'est-ce qui s'est passé, on a pas fait la chanson, tu sais, sur la dope, l'aube blanche » (rires) ...Sauf que cette chanson parle en fait de ces jeunes américains qui ont débarqué à l'aube en Normandie pendant la guerre, et se sont fait tuer pour la France, c'est pas rien quand même, et d'autres l'entendront autrement. Quand le sens est trop précis, trop facile à percevoir, je coupe dedans. Coup de cutter pour un peu de mystère et alimenter l'imagination. C'est ça que j'aime faire.

On a hâte de découvrir « L'Humaine beauté » sur scène, vous devez être impatients de jouer devant un public à nouveau.
Oui, d'autant plus au Cabaret Sauvage, c'est un lieu mythique et gorgé d'histoire. Il y résonne l'écho de nombreux artistes qui ont eu la chance d'y jouer.
Pour les prochains concerts de présentation de ce nouvel album, on sera quatre, et cette fois-ci avec des machines supplémentaires, ce qui complexifie la mise en place et la préparation des concerts, mais voilà, avec mes complices actuels on avance de cette façon ,et j'aime bien la direction qu'on a prise.
Un exemple, on a enregistré certaines parties avec un orchestre de 40 cordes parce que ce serait compliqué pour nous de faire venir 40 musiciens supplémentaires sur scène, et on se sert du coup d'un peu d'outils électroniques.
Je suis donc accompagné et bien entouré par les New blood Phoenix : Antoine Lahay à la guitare, Aurore Daniel au violoncelle, basse, piano, Raphaël Dausse à la batterie et aux fameuses machines que j'évoquais, qui nous engagent chacun à une orchestration précise, presque chirurgicale.
Sur ce nouvel album, il y a aussi quelques surprises comme les duos avec Nina Morato, et CharlElie Couture, ainsi qu'une reprise de Bashung, une autre de Léo Ferré, et ce sera l'occasion de découvrir plusieurs textes inédits. On vous attend nombreux !

Les concerts c'est bon pour la santé, j'ai pas besoin de te convertir. Penses-tu que la musique devrait-être remboursée par la sécurité sociale ?
- Ah oui, carrément. D'autant plus si la musique s'appelle François Staal, j'irais jusqu'à dire qu'il faudrait une double dose ! (rires) Avec des ordonnances : « Allez voir 7 concerts de François Staal à raison de un par mois ;) »

Banco, fais-moi une ordonnance, on se voit en fin d'année. Merci pour ta gentillesse et ta sincérité François. »

Les concerts de François Staal en 2021 pour découvrir son nouvel album :
11 et 12 novembre : concert au Cabaret sauvage
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11 décembre : 1ère partie du concert de Cali, à la Batterie de Guyancourt
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